OLETHROS

 

Dans mon projet OLETHROS, Addictionville n'est autre que la capitale d'un Etat, la Tyranie d'Olethros (qui veut dire en grec "perdition"), dont j'ai retrouvé la trace dans mon imagination, et l'observation de notre monde, dont il est la caricature.

J'ai souhaité situer OLETHROS dans une temporalité et une géographie, qui toutes fictives qu'elles sont, lui donnent une dimension physique bien tangible.

Si ADDICTIONVILLE traite de l'esclavagisme de l'addiction, problème principalement médical et sociétal, OLETHROS, qui intègre et englobe ADDICTIONVILLE, est une mise en perspective du monde de l'addiction avec nos autres travers humains qui ont fait le monde d'aujourd'hui, avec sa beauté de plus en plus menacée par une humanité toujours aussi bafouée dans son intégrité physique, mentale et morale.

Le projet se situe dans l'inconscient collectif que j'entends ici mettre au jour. Il est à prétention universelle, autant que le sont, à mon sens, les grandes addictions qui rendent esclave l'humanité depuis la nuit des temps.

Le projet OLETHROS est ainsi multiforme: parti d'une oeuvre sculptée représentant ADDICTIONVILLE, la capitale de l'Etat d'Olethros,  le projet se poursuit en parallèle par l'évocation des grands traits de l'histoire et de la culture de cet état de perdition, au moyen de créations thématiques autour du thème de l'addiction, notamment aux grandes addictions humaines universelles et néfastes que sont l'attachement au pouvoir et à l'argent, et la recherche égoïste du plaisir.

 

Le caractère pluridisciplinaire du projet me permettra une diversité de création importante et motivante (création de cartes de l'Etat, des timbres, de sa monnaie, de vues de ses paysages, de portraits de ses personnalités, de la représentation d'objets usuels ou autres de l'univers de la tyranie d'Olethros...).

Naturellement, je deviens notamment moi-même l'acteur créateur du projet en prenant la peau d'Astorg, l'Archiprince d'Addictionville, fils héritier du tyran d'Olethros.

Ce projet OLETHROS sera le tremplin logique pour un futur projet d'art conceptuel multiforme dans lequel le nouveau souverain, Astorg d'Addictionville devenu Astorg XVI d'Olethros, tentera une transformation de la tyrannie d'Olethros en un monde plus vertueux que l'héritage qu'il en a reçu. Un monde où la prédation humaine ne menacera pas le fragile équilibre naturel, et où les hommes ne martyriseront plus leurs semblables et les êtres vivants. Est-ce une utopie ? Sans doute. Et d'ailleurs il y a trop d'exemples de projets utopiques où le remède fut bien pire que le mal ! Mais Astorg essayera tout de même...

Si aujourd'hui nous sommes souvent de purs citoyens d'Addictionville, programmés pour consommer toujours plus de produits souvent néfastes et généralement inutiles, si nous sommes également des sujets d'Olethros, façonnés de cultures enfermantes et marqués par une histoire brutale, nous sommes également tous des Astorg d'Addictionville en puissance.

Ma profession de foi est que nous pouvons, avec de la volonté et une vision saine de l'avenir, nous transformer et améliorer les choses qui nous entourent, pour le bien commun.

Pour en savoir plus, vous pouvez voir le site internet officiel de la Tyrannie d'Olethros.

CARTE DE LA TYRANIE D'OLETHROS (mars 2017)

59 x 39 cm, dessin à la mine de plomb, aux encres, feutres et crayons aquarellés sur papier à dessin.

Cette carte à l'ancienne, montrant la géographie du continent d'Olethros et les frontières politiques des Etats constituant la tyranie d'Olethros, montre également les armoiries des Etats. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur ce continent, quasiment tous les vocables de lieux - qu'il s'agisse du nom des Etats, des reliefs, villes et autres régions - sont sémantiquement liés, dans diverses langues, aux vocables d'addiction, d'illusion et de perdition. Ce monde imaginaire représente beaucoup de similitudes avec notre monde, par sa grande beauté, mais aussi hélas par sa suffisance, son arrogance, sa malédiction d'être autant soumis à nos pulsions négatives qui entraînent mort et désolation en nous et autour de nous. L'illusion créée n'est guère illusoire, car elle représente, en forçant sans doute un peu le trait, ne serait-ce que pour le rendre intelligible, la réalité des choses de notre monde à nous.

J'ai choisi le style des cartes antiques des siècles passés pour évoquer le caractère ancien, aussi ancien que l'humanité, de nos inanitions et débilités. Notre orgueil ne date pas d'aujourd'hui, même si l'époque contemporaine lui permet, par la maîtrise technologique, des sommets inégalés d'avidité et d'avilissement. 

© 2017 Nicolas Moussette

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